vendredi 26 février 2010

Welcome


Calais, février 2008. Bilal est un jeune Irakien dont le but, le même que celui de tant d'autres, est de passer en Angleterre et de retrouver sa fiancée, Mina, à Londres. Il décide de traverser la Manche à la nage. Pour ce faire, il prend des cours auprès de Simon, un maître-nageur en instance de divorce, dont la future ex-femme est bénévole auprès des sans-papiers. Au fur et à mesure, Simon prend Bilal sous son aile, même si cela doit lui valoir d'être poursuivi par la justice ...

J'ai vu ce film hier, après des mois d'attente, et je l'ai beaucoup aimé, même si je l'ai parfois trouvé trop sobre et un peu lent. Mais surtout, il m'a fait réfléchir. Nous prétendons être une société ouverte sur le monde: vraiment? En réalité, nous ne sommes ouverts qu'en surface. Nous nous pavanons, nous nous gargarisons d'objets et de coutumes auxquelles, la plupart du temps, nous ne comprenons rien. Mais quand il s'agit de faire un pas vers l'autre, le vrai, ça coince.
Faire de la solidarité un délit est effrayant. Ce qui se passe en France ces derniers temps me fait peur (paradoxal de la part d'un président enfant d'immigrés, tout comme moi), mais je ne peux pas dire que ce soit mieux en Belgique. Il a fallu que le gouvernement Leterme tombe et que Van Rompuy débarque pour que des critères de régularisation clairs soient enfin mis en place. Un an! Pendant ce temps-là, des sans-papiers occupaient des églises pour y mener des grèves de la faim. Alors, on leur accordait un permis de séjour de 3 mois, ce qui oblige à refaire une autre grève pour re-obtenir un permis, etc. Il n'y a plus de place pour héberger des sans-papiers dans les centres, alors ce sont les hôtels qui les accueillent. On a placé des enfants dans des centres fermés en attendant de les expulser, sous le prétexte de ne pas les séparer de leur famille. Or, cela équivaut à les mettre en prison, et la Belgique a été condamnée pendant des années pour cela. En Belgique, tout est hypocrite. Personne ne vous dira qu'on veut devenir une forteresse, mais c'est le cas.
La question que pose ce film n'est pas "peut-on accepter tout le monde?", mais bien "jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour aider l'autre, quel qu'il soit?".

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